Boulogne à Vélo (MobiBoulBi) est une association locale qui a pour but d’améliorer la sécurité des cyclistes à Boulogne-Billancourt. L’association est non partisane et n’appellera jamais à voter pour un parti ou un candidat. Nous constatons d’ailleurs que ce mode de transport se développe partout en Ile-de-France quel que soit l’étiquette des maires en place. Mais l’association est aussi là pour rappeler leur responsabilité, aux élus qui ne font pas leur travail. Alors que le maire actuel se représente pour un nouveau mandat, nous ne pouvons pas nous taire fasse à son inaction sur le sujet de la sécurité des cyclistes. Cinq ans après les faits, l’absence de réaction de la mairie de Boulogne-Billancourt face à deux accidents mortels de cyclistes survenus en 2021 reste incompréhensible et inacceptable.
Ces drames ont coûté la vie à deux jeunes personnes qui avait la vie devant elles. Ils ont également fauché brutalement des familles, des proches, qui se battent encore aujourd’hui pour que cela ne se reproduise jamais. Ces drames ont touché profondément une communauté entière et nos adhérents qui se battent pour la sécurité des Boulonnais. Depuis, les lieux concernés n’ont fait l’objet d’aucun aménagement significatif, d’aucune sécurisation durable. Le danger est toujours là, visible, quotidien et les Boulonnais n’ont pas oublié Adam et Emma.
Des familles forces de proposition, une mairie qui fait la sourde oreille.
Après ces tragédies, les familles des victimes se sont mobilisées avec courage et dignité. Elles ont demandé des mesures concrètes : sécurisation des carrefours, protection de la station vélib, sécurisation des usagers vulnérables par rapport aux camions qui circulent en ville avec des angles morts.
Les parents d’Adam ont même proposé un véritable plan d’action, raisonnable, réfléchi et documenté. En premier lieu, la sécurisation de la station vélib en passant la rue à sens unique pour maintenir l’accès au parking. En second lieu, qu’une partie de la grand place ou la station vélib soit renommée au nom d’Adam pour ne pas oublier. Ces propositions, fruits d’une douleur immense, sont restées sans réponse à Boulogne. Dans le même temps d’autres villes renommaient des pistes cyclables ou posaient des plaques commémoratives en mémoire des victimes.
Parallèlement, une pétition citoyenne rassemblant 17 777 signatures a été adressée à la mairie. Son message était clair : 👉 Les Boulonnais ne veulent plus que cela se reproduise. Il faut améliorer la sécurité dans les rues de Boulogne pour protéger les enfants et les personnes âgées à pied ou à vélo. Là encore, aucune réponse politique du maire qui fait la sourde oreille.
Un climat de tension révélateur
Ce silence institutionnel a culminé lors d’un conseil municipal particulièrement tendu. Le père d’Adam qui avait été plusieurs fois exfiltré de la mairie et lors de réunions publiques a tenté d’interpeler le maire en conseil municipal. La situation a dégénéré. Le maire s’est emporté de voir un citoyen interrompre le conseil. Un journaliste de France Télévisions a été violemment pris à partie, projeté au sol, et son matériel vidéo confisqué. Un fait grave, qui témoigne du malaise démocratique entourant ce dossier.
Ce reportage de France TV a également mis en lumière des rapports d’experts abondant dans le sens des propositions des familles. La configuration actuelle de cette ruelle à double sens avec des camions qui tourne est accidentogène. Le coût des travaux pour inverser le sens de prise des vélos sur la station Vélib n’est que de 30.000 Euros. Un coup très faible par rapport au budget de la ville.
Quand une mairie en vient à entraver le travail de la presse plutôt que de répondre aux questions, c’est le signe d’un dysfonctionnement grave des institutions.
Un danger toujours présent
Aujourd’hui, rien n’a réellement changé sur les sites concernés :
- La station vélib de la rue le Corbusier n’a pas changé et la prise des vélos se fait toujours sur la chaussée avec les véhicules qui arrivent dans le dos des usagers et dans les 2 sens. Il est important de rappeler que le danger n’est pas uniquement pour les utilisateurs de Vélib mais aussi pour les piétons qui traversent. Une dame âgée a été percutée par une camionnette qui tournait, 2 jours seulement après la mort d’Adam. La dame est tombée dans le coma. Elle est morte quelques mois plus tard.
- Le carrefour du pont d’Issy est toujours dangereux. Cyclistes et piétons continuent de se faire couper la route par les véhicules qui tournent. 5 ans après le drame, le carrefour n’est toujours pas sécurisé. C’est anormal. Dans le même temps, d’autres mairies agissent. Le carrefour ou est morte Sophiane à Paris a été sécurisé en moins de 2 ans. Celui où Emma est morte à Glasgow a été sécurisé 1 an après.
Chaque jour sans action est un jour de plus où un accident grave peut se reproduire. Nous refusons d’attendre une troisième victime pour réagir. C’est aussi pour cela que les Boulonnais ne doivent pas oublier Adam et Emma.
Le vélo n’est pas un loisir, c’est un mode de transport
À Boulogne-Billancourt, des milliers d’habitants utilisent le vélo pour aller travailler, étudier, accompagner leurs enfants, faire leurs courses. Ce n’est pas un caprice écologique : c’est une réalité quotidienne.
Garantir leur sécurité est une responsabilité publique. C’est la responsabilité du maire de la commune qui est responsable de l’exécution des mesures de sureté et de l’aménagement des rues de la ville. Même sur une départementale comme le pont d’Issy, c’est le maire qui demande et valide l’aménagement que peut réaliser le département.
Le maire de Boulogne se targue d’être en pointe sur la transition écologique mais ce discours n’a aucun fondement s’il n’est pas suivis d’actes concrets pour sécuriser les Boulonnais qui pédalent au quotidien.
Nos revendications
Nous demandons aujourd’hui :
✅ Une action concrète pour sécuriser la station Vélib de la grand place. Il est possible d’inverser le sens de prise des vélos pour 30.000 Euros ou de passer la rue à sens unique comme proposé par la famille d’Adam. De l’avis de l’association, nous fermerions ce tronçon inutile à la circulation pour protéger également les piétons.
✅ Un geste de mémoire envers les victimes. Apposer une plaque en souvenir d’Adam ou renommer la station Vélib à son nom ou une partie de la grand place comme demandé par la famille.
✅ La sécurisation du carrefour du pont d’Issy à la façon des carrefours néerlandais qui protègent les angles et empêchent les cyclistes de se retrouver dans l’angle mort des camions.
✅ La mise en place d’un panneau rappelant aux automobilistes qu’ils ne sont pas prioritaires quand ils tournent à droite. Le maire de Versailles avait mis ce genre de panneau, suite à un accident. Et cela ne coute pas grand chose à la commune.
✅ Un véritable suivi des plans d’action suite à accident grave pour éviter qu’ils ne se reproduisent. C’est une obligation légale dans les entreprises alors pourquoi pas dans les mairies ?
Ces demandes sont raisonnables. Elles sont urgentes. Elles sont vitales.
Pour la mémoire des victimes. Pour les vivants.
Nous pensons aux deux cyclistes disparus en 2021. Nous pensons à leurs familles, qui se battent depuis des années pour que leur drame ne soit pas oublié. Leur combat est aussi le nôtre. Et nous pensons enfin, aux cyclistes qui passent par là tous les jours et sont mis en danger.
Les Boulonnais n’ont pas oublié Adam et Emma. Nous n’oublierons pas. Nous ne nous tairons pas. L’association continuera à se mobiliser jusqu’à ce que le maire prenne enfin ses responsabilités.
🚲 La sécurité routière n’est pas une option.
✊ La protection des plus vulnérables n’est pas négociable.
❤️ Le droit de circuler sans risquer sa vie est fondamental.
N’hésitez pas à soutenir l’association qui fonctionne grâce à ses bénévoles. Vous pouvez participer et nous aider à rédiger des courriers et faire des propositions pour améliorer la sécurité des cyclistes. Soit en tant que bénévole au sein de nos vélo écoles pour aider les personnes qui ont besoin de se remettre en selle. Soit en adhérent tout simplement ou en faisant un don pour soutenir l’association. Chaque adhésion donne plus de poids à l’association face aux élus et chaque don permet de financer du matériel et de payer les 2 salariés de l’association qui animent le réseau. Pour adhérer, c’est ici.

