Mieux se Déplacer à Bicyclette

Aménagement de la RD920 : inquiétude des associations cyclistes franciliennes

Le vélo sera-t-il le parent pauvre du réaménagement de la RD920, entre la porte d’Orléans et Bourg-la-Reine ? C’est aujourd’hui l’inquiétude de 17 associations cyclistes franciliennes. Les porteurs de ce projet à 60 millions d’euros, les Conseils départementaux des Hauts-de-Seine et du Val-de-Marne, ont pour ambition un « meilleur partage des espaces ». Une très bonne nouvelle ! Mais force est de constater que les propositions d’aménagement présentées à l’occasion de la concertation préalable, qui se tient jusqu’au 11 mai, ne sont pas à la hauteur des objectifs affichés.

Les plans prévoient deux options : des pistes cyclables sur trottoir et une circulation des cyclistes dans les contre-allées. Ni l’une, ni l’autre ne sont satisfaisantes. Les pistes cyclables sur trottoir entraînent inévitablement des conflits avec les piétons. Quant aux contre-allées, nous refusons de les considérer comme un aménagement cyclable, car les cyclistes y sont mélangés avec la circulation motorisée, exposés aux ouvertures inopinées de portières et aux dépassements dangereux.

Crédits : CD92/Studiography

Pour une alternative crédible à la voiture

Nous proposons à la place une piste cyclable continue, large et lisible, séparée physiquement des voitures et des piétons. Avec une largeur qui varie entre 32,10 m et 49,70 m, la RD920 est tout à fait en mesure d’accueillir un tel aménagement. À nos yeux, c’est le seul qui répond aux multiples défis soulevés par le projet de requalification. En étant à la fois sûr et fonctionnel, il incitera tous les publics, des parents avec enfants au cycliste débutant, à se tourner vers la pratique du vélo. Et surtout, il offrira une alternative crédible à la voiture individuelle. Désengorger la RD920 est une nécessité : c’est une voie structurante entre la banlieue sud et Paris qui souffre aujourd’hui de trop nombreuses nuisances (bruit, pollution, encombrement…)

L’enjeu est de taille. Le projet qui sera finalement retenu déterminera les pratiques de mobilité sur cet axe pour les trente prochaines années. C’est pourquoi nous avons adressé le 4 mai 2018 par courrier nos inquiétudes et nos propositions aux Conseils départementaux des Hauts-de-Seine et du Val-de-Marne. Nous espérons être reçus dans les meilleurs délais afin d’exposer nos arguments.

Associations signataires :

À Rueil ça roule, Antony à Vélo, Dérailleurs de Clamart, Dynamo Malakoff, FARàVélo, Fédération des Circulations Douces de l’Essonne (FCDE), Mieux se Déplacer à Bicyclette (MDB), MDB Massy, MDB Val de Bièvre à Vélo, MDB Montrouge, MDB Communauté d’agglomération Plateau de Saclay, Millepattes, Paris en Selle, Partage ta rue 94, Provelo91, Sceaux Versailles à Vélo, Vanves en Roue Libre, Venir à Vélo à Saclay

Vous avez jusqu’au 11 mai pour participer à la concertation. Vous pouvez donner votre avis sur le projet en écrivant à cette adresse : mobilites.cd92@hauts-de-seine.fr

Pour une Seine à vélo, de la source à la mer

Pourquoi ne pas étendre la future véloroute le long de la Seine entre Le Havre et Paris au-delà de la capitale, jusqu’à la source ? C’est le projet porté par plusieurs associations qui se sont récemment regroupées en collectif. 

La dynamique engagée en aval de Paris pour réaliser d’ici 2020 une véloroute de Paris au Havre (itinéraire national V33) semble prometteuse pour aboutir à un aménagement confortable et quasi continu.

À l’inverse, en amont de Paris, sur tout le territoire de l’Île-de-France, la Scandibérique (EV3) s’avère une lourde déception pour ceux qui espéraient un aménagement attractif à la fois pour le tourisme et pour la mobilité quotidienne à vélo : tracé parfois illisible, discontinuités, largeur insuffisante, revêtements médiocres ou inexistants, barrières et chicanes difficiles à franchir… Plus en amont, en particulier sur le département de l’Aube, on retrouve à nouveau une bonne dynamique avec des aménagements de qualité le long de la Seine.

Des représentants de plusieurs associations (CTE, FCDE, MDB Melun Agglo Vélo, PTR94,  FFCT-91, AF3V Aube…) se sont réunis le 14 novembre 2018 pour créer un collectif ayant pour nom : « La Seine à vélo, de la source à la mer ». L’objectif est de mobiliser les populations et les élus, en distinguant les collectivités qui pourront être porteuses du projet pour que la véloroute V33 le Havre-Paris soit prolongée au-delà de Paris jusqu’à la source.

Une réunion inter-régionale (Normandie, Île-de-France, Bourgogne, Grand-Est) est programmée le 23 mai à Melun, pour exposer le projet. En partant de la présentation d’aménagements réussis de véloroutes le long d’autres fleuves, il s’agira de dégager les conditions de réussite d’un projet utile à la fois pour le tourisme et pour la mobilité du quotidien le long de la Seine.

Benoit Carroué, ProVélo 91 / FCDE

Pour plus d’informations, contacter CycloTransEurope, 32, rue Raymond Losserand, 75014 Paris, ou sur son site www.eurovelo3.fr.


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