n°96 (mars-avril 2007)

Libre-service : chance ou risque ?

Au moment où vous recevrez cette livraison de votre journal préféré, l’AG 2007 sera l’occasion de faire le point sur les orientations de notre association. 2006 a vu, pour la première fois depuis cinq ans, une remontée significative du nombre des adhérents qui récompense mieux que tout compliment le travail fourni par le noyau dur de l’association et je profite de cette tribune pour féliciter tous les acteurs (trop peu nombreux à mon goût) de cette réussite.

Faut-il voir dans cette remontée le début d’une longue période de croissance ? La multiplication des antennes est certainement une piste d’avenir, tant le besoin d’une présence de cyclistes organisés dans nos banlieues est criant et devrait logiquement entraîner une augmentation durable du nombre d’adhérents. Cette croissance est absolument nécessaire non seulement pour renforcer l’impact de l’association mais aussi parce que les activités, de plus en plus nombreuses, dépassent bientôt ses capacités militantes. Elle pose toutefois quelques questions. les adhésions de type consumériste (adhésions promotionnelles lors des bourses par exemple) feront-elles long feu ? Le renouvellement militant viendra-t-il de la périphérie ? En effet l’éloignement est un obstacle. Malgré les progrès d’Internet il reste nécessaire que ce fameux « noyau dur » puisse se réunir au siège sans que des trajets trop longs l’en dissuadent…

Pourtant le programme 2007 est déjà chargé: opération marquage avec la FUBicy, bourses, fête du vélo, balade annuelle, semaine de la mobilité sont les rendez-vous qui jalonnent l’avenir proche. Mais cette année s’annonce sous des auspices particuliers: 14 000 vélos supplémentaires vont envahir Paris d’un seul coup. En première approximation en se basant sur les chiffres lyonnais, cela va conduire à un doublement au regard du nombre de déplacements à vélo dans la capitale qui, bon an mal an, se comptent en dizaines de milliers. C’est suffisamment important et visible pour ne pas constituer un tournant majeur qu’il va nous falloir négocier.

Qui seront ces clients ? Des cyclistes ne sachant pas où garer leur monture ou las de la monter sur leur balcon? Des passagers de bus lassés d’attendre au sortir du métro ou du train ? Des bobos pressés de participer au dernier gadget ? Des « profiteurs » qui font du vélo parce que c’est gratuit ? Je ne préjuge de rien. MDB n’a été associé ni aux études préalables, ni au cahier des charges, ni au jugement des offres, alors on n’en sait pas plus que les autres. Ce que l’on peut craindre, c’est que la part prise sur les conducteurs de bagnoles soit bien faible… Mais les questions qui se posent pour nous sont: comment nous faire connaître auprès de ces nouveaux cyclistes? Comment les attirer au sein de notre communauté ? Les utilisateurs de ces vélos en libre-service parisiens ne seront pas intéressés par le gravage, pas intéressés par les bourses, pas intéressés par les balades (les vélos en question restent dans Paris). Pouvons-nous rechercher un partenariat avec l’entreprise qui emportera le marché ?

Quoi qu’il en soit, il y a là un véritable enjeu qui doit mobiliser notre imagination, nous donner l’occasion d’occuper les médias pour y faire passer nos messages, nous permettre de demander des aménagements en veillant, c’est bien le moins, à ce que MDB ne devienne pas « Ma Decaux Bicyclette ».

Pierre TOULOUSE

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