Rendre Alfortville plus agréable grâce au vélo

Découvrez ci-dessous nos propositions pour une politique ambitieuse et cohérente, en faveur du vélo, à Alfortville !

Adapter enfin Alfortville à la circulation à vélo est une opportunité majeure pour améliorer le quotidien de ses habitant·es, tant en termes de sécurité routière, de qualité de vie, de santé publique et en faveur de l’attractivité de la ville. Le vélo constitue en un levier efficace de report modal, particulièrement pertinent dans une commune dense, bien desservie par les transports collectifs et située en continuité immédiate de Paris et du Val-de-Marne.

Mieux se déplacer à bicyclette propose une série de mesures concrètes, réalistes et hiérarchisées, articulées autour de trois principes directeurs :

  1. La sécurité des cyclistes comme condition première du développement du vélo
  2. La continuité et la lisibilité du réseau cyclable
  3. La mise en conformité avec les obligations légales et réglementaires

Apaiser la circulation : passer Alfortville en ville 30

Une ville à vivre plutôt qu’à traverser

Réduire la vitesse automobile présente de multiples avantages pour faire de notre commune une ville qui avance. Contrairement à de nombreuses idées reçues, il ne s’agit pas ici d’une mesure liée à la qualité de l’air et à la sauvegarde de l’environnement. En revanche, la réduction du bruit que permet une diminution des vitesses pratiquées offre à tous·tes les habitant·es un gain immédiatement perceptible : la qualité du sommeil s’en trouve grandement améliorée. Ce gain en terme de santé publique est crucial dans une ville qui aspire à lutter contre les inégalités sociales : 

Propositions

Structurer un réseau cyclable continu et sécurisé

Réfection de la piste cyclable des bords de Seine

Les bords de Seine doivent devenir un espace à vivre autant qu’à traverser. La circulation ne doit pas être réservée aux automobilistes. La répartition actuelle de l’espace aux différents usagers monte les cyclistes et les piétons les un·es contre les autres, tandis que les automobilistes s’accaparent la majeure partie de l’espace sans même s’en satisfaire.

L’espace contraint ne doit pas empêcher la collectivité d’être imaginative. La RD 138 pourrait être couplée à la 152 de l’autre côté de la Seine : en passant toutes deux à sens unique, une voie pourrait être récupérée afin de séparer enfin les piétons et les cyclistes !

Rues Paul-Vaillant Couturier et Véron

Les deux rues traversant la ville du nord au sud sont extrêmement fréquentées par tous les usagers et il apparaît quasiment impossible d’y insérer des pistes cyclables de qualité. Une solution doit toutefois être apportée pour garantir que celles et ceux qui se déplacent à vélo puissent y circuler avec autant de sécurité que celles et ceux qui se déplacent autrement. Une réflexion sur le plan de circulation doit être lancée afin de garantir la fluidité des trajets du 103 et des cyclistes. Un plan de circulation réussi, comme celui mis en oeuvre dans les quartiers d’Aligre (12e) et du Marais (Paris Centre), permet de rendre les rues vivantes tout en les désencombrant.

Pont du Port à l’Anglais : agir immédiatement

Comme de nombreux franchissements de voies ferrées et cours d’eau, le pont du Port à l’Anglais représente un axe incontournable pour les personnes qui se déplacent à vélo. En évitant un détour de plus de 4 km pour rejoindre la rive gauche de la Seine par le pont d’Ivry, il fait gagner environ 20 minutes aux cyclistes en provenance de la moitié sud d’Alfortville. Il est vital de réduire le profil de circulation à 2×1 voies automobiles. Cela permettra de créer deux bandes cyclables unidirectionnelles continues. Cet axe s’inscrit par ailleurs dans le plan vélo de la Métropole du Grand Paris, qu’Alfortville aurait tout intérêt à saisir pour profiter de ses financements.

Réfection de la passerelle Tony Parker

Nous nous inquiétons de l’état visiblement très dégradé de la passerelle utilisée par les piétons et cyclistes pour rejoindre Charenton et Paris. Sa fermeture à l’automne 2025 rajoute à l’inquiétude, d’autant qu’aucun travaux d’ampleur n’a été mis en œuvre par la suite. Les épisodes de grand froid sont susceptibles de fragiliser encore cet ouvrage. Pour faire de cette passerelle un maillon structurant du réseau cyclable local, il est nécessaire de la rénover.

Stationnement : respecter la loi et répondre aux besoins

Respecter la loi d’orientation des mobilités : objectif 31 décembre 2026

Au nom de la sécurité des piétons, dont plus de 50% des tués sur les routes françaises sont percutés sur des passages dits “protégés”, il est demandé aux gestionnaires de voirie de dégager la visibilité des passages piétons, 5 mètres en amont de ceux-ci. Le stationnement est interdit et beaucoup d’espace public doit être récupéré. Qu’en faire ?

La neutralisation de ces places de stationnement n’est efficace que s’il est physiquement impossible de s’y garer, alors que l’automobile a tendance à occuper toute la place disponible, comme en témoignent les milliers de potelets installés dans les rues d’Alfortville. De la végétalisation peut être installée, et le stationnement vélo reste autorisé car les bicyclettes ne masquent pas les piétons qui s’apprêtent à s’engager. De nombreuses places peuvent ainsi être créées pour respecter la loi… et pour améliorer la fréquentation des commerces.

  • Déployer massivement des stationnements vélos visibles, sécurisés et bien répartis.
  • Priorité aux équipements du quotidien : commerces, équipements publics, espaces de vie.

Augmenter le nombre de places de stationnement pour les vélos dans et autour des gares

L’arrivée de la ligne 15 à Alfortville va être un des moments forts du prochain mandat municipal. Le sud de la Ville va enfin être pleinement accessible en transports en commun. L’intermodalité voiture-RER est inaccessible à Alfortville, tant le stationnement automobile est consommateur d’espace que nous n’avons pas. En revanche, la création d’un parking vélo sécurisé au Vert-de-Maisons permettrait d’inciter les automobilistes à se reporter vers les transports en commun, une fois obtenue la confiance dans le fait de retrouver son vélo au retour.

La gare du centre-ville ne devrait pas supporter une augmentation massive du nombre de voyageurs dans les années à venir, mais les difficultés de stationnement déjà constatées doivent aussi inviter à la réflexion sur un élargissement de l’offre de stationnement. L’arrivée de la Maison du vélo portée par Île-de-France Mobilités, côté Maisons-Alfort, s’inscrit dans une transformation générale des usages en faveur du vélo que notre côté des voies ferrées n’a pas encore pris.

4. Généraliser les double-sens cyclables (DSC)

Le passage à 30 km/h de l’ensemble de la ville s’accompagne nécessairement de l’autorisation pour les cyclistes de circuler dans les deux sens de circulation dans les rues, y compris lorsqu’elles sont à sens unique pour les automobiles. Cela libère la Ville des  contraintes d’aménagement dans une ville aussi dense que la nôtre, en offrant la possibilité aux personnes qui se déplacent à vélo de ne plus être sous la pression d’automobiles les collant de trop près, voire, trop souvent, d’effectuer des dépassements dangereux qui n’ont pour conséquence que l’arrêt de l’utilisation du vélo, où le déport des cyclistes sur des trottoirs où ils se sentent en sécurité, mais au détriment des piétons, voire dans les pires des cas à des accidents corporels. La généralisation des double-sens cyclables à 100% des rues en sens uniques est plus claire et donc mieux accueillie qu’une politique progressive qui entretient la confusion.

5. Cédez-le-passage cycliste au feu (M12) : sécuriser et harmoniser les pratiques

Le dispositif de cédez-le-passage cycliste au feu permet d’améliorer la sécurité des cyclistes, d’accroître l’efficacité du vélo comme mode de déplacement et même de limiter la frustration de certains autres usagers de la voirie. Alors que 50% des personnes mortes à vélo en Île-de-France sont écrasées par des poids lourds dont les chauffeurs tournaient à droite lors du passage au feu vert sans voir les cyclistes également en train de repartir, leur permettre de se dégager d’un espace à faible visibilité peut sauver des vies.

Les cyclistes étant conscient·es de leur vulnérabilité, il est souhaitable d’autoriser tous les mouvements (tout droit, à droite et à gauche) pour maximiser le bénéfice de ce dispositif.

6. Organiser un dialogue structuré avec la police municipale

L’exacerbation des tensions entre les différents usagers de la route se traduit notamment par l’impression que les autres catégories d’usagers ne sont jamais autant contrôlées et sanctionnées que la sienne. En particulier, la sous-représentation de cyclistes parmi les forces de l’ordre rend parfois leur appréciation de certaines situations plus difficile à accepter pour celles et ceux qui ont l’habitude de circuler à vélo et qui comprennent les motifs de certains comportements. Le dialogue mis en œuvre entre les services de la police municipale de Paris et les membres de notre association est porteur d’espoir sur l’acceptabilité des mesures qu’elle applique.

Nous proposons donc de mettre en place un comité vélo trimestriel avec les élu·es, les services techniques de la ville et, au moins ponctuellement, des représentants de sa police municipale, afin de se tenir informés des actualités d’aménagement, de priorisation des missions, et des problèmes rencontrés par les usager·ères.

Conclusion

Faire d’Alfortville une ville cyclable n’est ni un luxe ni une idéologie : c’est une politique publique pragmatique, efficace et attendue. Sa mise en œuvre permettra de bâtir une ville plus sûre, plus juste, plus respirable et plus agréable à vivre pour toutes et tous.

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