Boulogne-Billancourt est l’une des pires villes d’Ile-de-France à traverser à vélo et une des seules villes proches de Paris à reculer sur le vélo entre 2021 et 2026. Pour les piétons, c’est une ville dangereuse avec 1 piéton tué chaque année en moyenne depuis 20 ans. Lors du dernier mandat municipal, le nombre de kilomètres de pistes cyclables a diminué de 1,5 km avec la suppression de 2 Coronapistes sur les quais de Seine et l’abandon du plan vélo GPSO en 2025 alors qu’il avait été voté en 2021.
En 2022, le maire de Boulogne lance les états généraux de l’espace public et recueille les avis des habitants. Les citoyens de Boulogne et en particulier les seniors ont demandé plus de tranquillité et moins d’insécurité. Après avoir annoncé qu’il allait apaiser la place Marcel Sembat point noir des usagers vulnérables en plein centre de la ville, le maire a retro pédalé pour ne rien faire au final. Cela fait 15 ans que le maire repousse le plan vélo de la ville qui reste bloquée dans les bouchons permanents des années 1970 au lieu de développer des alternatives comme le font toutes les villes d’Ile de France quel que soit le bord politique.
L’antenne Boulonnaise de l’association MDB publie 9 propositions concrètes pour mieux se déplacer à Boulogne, améliorer et sécuriser les mobilités actives à Boulogne. Les propositions sont déclinées en 3 axes prioritaires :
- La création d’un véritable réseau cyclable protégé, continu et cohérent
- La lutte contre le trafic de transit qui pénalise les habitants et génère des accidents et des nuisances au quotidien
- La lutte contre les incivilités et l’éducation dès le plus jeune âge pour apprendre les règles mais aussi pratiquer en condition réelle en ville pour que garçons et filles soient autonomes en ville.
PROPOSITION 1 : Sécuriser les grands axes avec des pistes cyclables protégées et séparées de la circulation motorisée.
L’objectif est de créer un véritable maillage continu de pistes cyclables protégées pour traverser la ville et rejoindre les villes voisines. Il faut en finir avec les bandes cyclables qui n’offrent aucune protection et induisent même des mauvais comportements et des conflits. Il faut mailler les grands axes et les grandes places de la ville.
Le financement est déjà assuré à 50% par la région IDF et le Grand Paris qui financent le réseau express vélo IDF, le VIF jusqu’en 2030. Si la ville refuse de réaliser des aménagements cyclables, ce financement sera perdu et redirigé vers d’autres villes. Pas besoin de mettre des pistes cyclables partout uniquement sur les grands axes où la vitesse et le volume de circulation ne permettent pas de rouler en sécurité. Il est également important d’en finir avec les bandes cyclables en peinture qui n’offrent aucune sécurité et qui servent de parking aux conducteurs motorisés et de place de livraison aux livreurs. Fini aussi les pistes cyclables sur les trottoirs qui doivent redevenir le territoire des piétons. C’est bien sur la chaussée qu’il faut prendre de l’espace en reprenant une des nombreuses voies motorisées ou une file de stationnement.

Route de la Reine (D907) : Le projet, initié par le département 92, prévoit une piste Bi-Directionnelle reliant le pont de St Cloud à la porte de St Cloud. Mais le diable se cache dans les détails. La mairie de Boulogne avait demandé au département 92 de revenir à 3 voies motorisées dont 2 vers Paris alors même que la configuration actuelle ne pose pas de problème. Autre détail important, la piste ne doit pas être sur le trottoir pour éviter les conflits avec les piétons et doit également respecter une largeur de 5 mètres pour être confortable et absorber un volume important de cyclistes qui l’utilisent déjà au quotidien.
Avenue Leclerc/Vaillant (D910) : Le département 92 avait proposé à la ville d’installer une Coronapiste sur cet axe ce que la ville a refusé. Il y a pourtant la place de transformer les contre allées pour créer un espace pour les piétons et une piste cyclable de qualité. C’est ce qu’à fait avec succès le maire de Neuilly sur la N13. Il suffit de suivre cet exemple inspirant.
Quai de Seine (D1) : Le département avait installé une Coronapiste sur les quais de Seine en 2020 mais le maire de Boulogne a demandé sa suppression en 2021 sans alternative. Nous avions proposé de la transformer en Bi Directionnelle, le long de la Seine pour prendre moins de place et correspondre au schéma régional. La mairie de Paris a pérennisé son tronçon avec un aménagement de qualité. Il faudrait le prolonger tout autour de Boulogne.
Avenue Morizet / République (D50) : La métropole du Grand Paris avait proposé de financer la création d’une piste cyclable sur la D50 reliant Boulogne à Issy, Vanves, et Montrouge. La ville de Boulogne a annoncé fin 2025 qu’elle ne souhaitait pas réaliser d’aménagement sur cet axe avant 2030. Si l’on ne fait rien, le financement sera perdu alors que cet axe est l’un des plus dangereux et désagréables de la ville. Cela faciliterait la connexion avec les villes voisines mais aussi la traversée de Boulogne en diagonale.
PROPOSITION 2 – Sécuriser les grandes places de la ville avec des aménagements à la néerlandaise donnant la priorité aux piétons et aux vélos.
Marcel Sembat : C’est le gros point noir de la ville en terme de sécurité. Cette place est le cœur de la ville mais elle est dangereuse pour les piétons et les cyclistes qui veulent la traverser. Les accidents se succèdent chaque année et le maire avait encore promis de revoir l’aménagement de la place suite aux états généraux mais rien n’a été fait depuis l’annonce en 2023. Le maire a expliqué encore une fois que c’était compliqué avec le département et l’État. Pourtant c’est lui le principal frein à la rénovation de la place qui nécessiterait de supprimer le tunnel, ce qu’il refuse. D’autres maires l’ont fait dans le 93 avant les Jeux Olympiques. Dans le 92, le maire de Neuilly a réussi à réaménager la N13 et ses grandes places avec le département et l’Etat. Nous préconisons un carrefour à la Néerlandaise pour sécuriser les piétons et les cyclistes.
Jules Guesde : Encore un bel exemple du patchwork à la française. Le cabinet d’architecte qui a réalisé la place a bien prévu une piste cyclable comme prévu au cahier des charges mais elle n’était raccordée à rien. Elle traverse la zone piétonne et crée des conflits avec les piétons. Un accident a déjà eu lieu. Les cyclistes eux sont obligés de slalomer entre les poteaux en métal pour entrer et sortir de la place. Ils se retrouvent ensuite dans la circulation sans connexion avec les itinéraires cyclables existants.
Rhin et Danube : Le département a publié des vues du futur aménagement de la place Rhin et Danube. Malheureusement, nous ne sommes guère emballés. Au lieu de donner la priorité aux piétons et au cyclistes, le plan prévoit des traversées gérées par des feux rouges où les cyclistes devront s’arrêter 3 fois pour aller tout droit. Les cyclistes retourneront vite sur la route pour ne pas avoir à s’arrêter ou vont griller les feux rouges et personne ne sera satisfait. On voit sur le visuel que l’espace réservé aux motorisé est encore énorme et ne donne pas la priorité aux bus qui vont encore rester coincés par les voitures.

PROPOSITION 3 -Aménager les ponts et leurs accès pour rejoindre les villes voisines
Les ponts sont des axes incontournables pour entrer et sortir de Boulogne et pourtant ils sont aujourd’hui difficiles à franchir et même dangereux à cause du manque d’aménagement et de la proximité avec les camions en entrée et sortie de pont.
Pont d’Issy : Il y a déjà une piste cyclable de chaque côté du pont mais le carrefour avec le quai du point du jour est toujours dangereux. Des plots ont été ajoutés mais la trajectoire des vélos est à angle droit ce qui incite les cyclistes à passer entre les plots. Nous avions préconisé un carrefour à la néerlandaise 1 an avant l’accident d’Emma. Nous continuons à demander la même chose depuis 4 ans.
Pont de Saint Cloud : Le département 92 a créé une piste cyclable côté sud en 2025. C’est une bonne nouvelle mais la piste est difficile d’accès et la connexion est même dangereuse. En sortie de piste côté Boulogne, les cyclistes se retrouvent dans l’angle mort des poids lourds qui leur arrivent dans le dos. Nous recommandons encore et toujours un carrefour à la Néerlandaise et même la fermeture à la circulation motorisée de la bretelle d’accès au quai du point du jour pour créer une piste vers Paris.
Pont de Sèvres : Le département 92 n’a pas accepté notre demande de piste de chaque côté du pont. Ils maintiennent la solution de la piste cyclable sur le trottoir sud. Les travaux en cours depuis 2 ans avaient pourtant démontré que les 7 voies motorisées étaient surdimensionnées. Le département 92 est en train de finaliser une piste bi directionnelle côté Boulogne. Hélas malgré nos alertes sur les plans présentés il y a 2 ans, le département n’a pas sécurisé l’intersection avec la bretelle qui descend vers les quais et les cyclistes se font gravement couper la priorité avec un risque réel d’accident grave dans l’angle mort des poids lourds. Nous préconisons un angle de giration plus droit pour faire ralentir les camions et une signalisation plus claire de la priorité des cyclistes avec un plateau traversant.
Pont de Billancourt : Il existe déjà une piste cyclable de chaque côté du pont mais elle est sur le trottoir. Elle renvoie dangereusement les cyclistes dans la circulation à chaque intersection. Nous préconisons de transformer le rond-point côté Boulogne en carrefour à la Néerlandaise pour faciliter la connexion.


PROPOSITION 4 – Apaiser la circulation dans les rues des quartiers résidentiels
Cela fait plus de 15 ans que les Boulonnais considèrent la congestion comme un des problèmes majeurs de la ville et que la mairie répond : “On n’y peut rien, on est une ville de transit”. Il est mensonger de dire qu’on n’y peut rien et il y a des dizaines d’exemples de villes partout dans le monde qui ont réussi à traiter le problème du trafic de transit pour améliorer les conditions de vie de leurs habitants.
Congestion, bruit, pollution, accidents, le trafic de transit est néfaste pour les habitants et empêche les mobilités actives de se développer. Slalomer à vélo est certes une solution pour éviter les bouchons mais cela est réservé à une catégorie de cycliste qui n’a pas peur de la circulation. Difficile de circuler au milieu des voitures quand vous n’êtes pas à l’aise à vélo ou que vous êtes fragile. Dangereux de le faire avec des enfants et impossible de laisser les enfants tous seuls au milieu de la circulation. On peut protéger les cyclistes sur les grands axes avec des pistes cyclables mais on ne va pas mettre des pistes dans chaque rue de la ville. Il faut apaiser les petites rues et casser le trafic de transit.
Le trafic de transit est catastrophique à Boulogne et cela fait des années que cela dure sans qu’aucune action ne soit prise de la mairie. La place Marcel Sembat est connue pour être bloquée régulièrement et à chaque incident sur l’A13 ou la N118, c’est toute la ville qui se retrouve bloquée. Ce sujet a déjà fait l’objet d’un rapport du CESEL en 2019 mais la mairie refuse toujours de toucher au plan de circulation et part du principe qu’il faut un maximum de rues à double sens pour favoriser l’écoulement des véhicules alors que cela ne fait qu’attirer encore plus de trafic.
Le matin à 8h20, ce sont même les rues des écoles qui sont prises d’assaut par des conducteurs pressés qui ne font que passer et qui n’ont aucune pitié pour la sécurité des enfants qui veulent traverser la route pour rejoindre leur l’école. Les habitants ont besoin de solutions. Si le vélo peut constituer une alternative pour pouvoir circuler malgré les bouchons, cela ne peut pas se faire en sécurité pour des enfants ou des personnes vulnérables. Il est donc important de protéger nos quartiers résidentiels, et les rues des écoles contre le trafic de transit qui n’apporte que des nuisances pour les riverains.
Modifier le plan de circulation : C’est ce qu’ont fait avec succès des villes exemplaires comme Gand en Belgique, mais aussi Annecy en France ou plus récemment Montreuil qui a réussi à apaiser ses quartiers résidentiels malgré sa proximité avec Paris. L’idée est d’utiliser des sens uniques pour rendre impossible de traverser un quartier résidentiel de part en part. Cela permet de réduire jusqu’à 90% le trafic motorisé puisqu’il ne reste plus que les riverains et de redonner la priorité aux habitants et pas à ceux qui ne font que passer.
Utiliser des filtres modaux : ce sont des dispositifs très simples et peu onéreux permettant de couper le trafic de transit mais de laisser passer les piétons et les cyclistes. Ils sont utilisés depuis une dizaine d’années en Europe du nord mais aussi plus récemment à Londres ou cela a permis d’apaiser les rues résidentielles de manière efficace. Montreuil est un exemple récent de ville ayant utilisé ces dispositifs pour empêcher le trafic de transit de traverser les quartiers résidentiels.


PROPOSITION 5 – Limiter la circulation de poids lourds avec angles morts
Interdire les livraisons en poids lourds avant 9h sauf dérogation exceptionnelle. Boulogne subit chaque jour un afflux de poids lourds qui viennent livrer les commerces de la ville. Non seulement cela crée de la congestion et des blocages de circulation en pleine heure de pointe mais en plus cela met en danger nos enfants sur le chemin de l’école.
De nombreuses villes européennes ont réglementé les horaires de livraison pour éviter les camions en heure de pointe et en même temps que les écoliers. Le pic de livraison des commerces se situe entre 10h et 12h. Interdire les livraisons avant 9h permet d’éviter de voir des camions en livraison sur les passages piétons à l’heure où les écoliers sont sur le chemin de l’école et ont le plus besoin de sécurité. La mairie de Boulogne vient de modifier les horaires de livraison passant de 6h-19h à 7h-19h. C’est insuffisant.
Modifier les horaires de la SEPUR. Les camions poubelles et de nettoyages sont parmi les plus dangereux en circulation à cause des nombreux angles morts. Nous avons signalé à de nombreuses reprises, le mauvais comportement des chauffeurs qui se garent n’importe où pour faire leur pose ou qui conduisent le téléphone en main ou avec les écouteurs. Au-delà d’une action forte auprès de la direction de cette entreprise, nous préconisons de réduire les risques en évitant les ramassages ou les nettoyages à l’heure des écoliers. Réduire la taille des camions et imposer des systèmes anti angles morts sont aussi un moyen de réduire le risque d’accident grave comme a eu lieu en 2021, avec la mort d’Adam, un jeune Boulonnais de 16 ans qui se rendait au lycée.


PROPOSITION 6 – Mettre en place des rues scolaires pour les enfants
La mairie de Boulogne a annoncé en 2023 un plan de sécurisation des rues des écoles et en 2025, elle a mis en place des passages piétons lumineux pour un budget total de 900.000 Euros. Ces dispositifs ont une efficacité limitée car il a été démontré que les marquages au sol lumineux ne modifiaient pas le comportement des conducteurs. Par ailleurs, nous avons pu constater à travers d’autres exemples dans le département 92 à La Défense et à Issy-les-Moulineaux que ces dispositifs étaient peu fiables, souvent en panne et que leur durée de vie était limitée. Celui de La Défense n’a pas duré plus de 4 ans et n’existe plus aujourd’hui. Nous préconisons des solutions plus pérennes et plus efficaces.
Les rues scolaires ont fait leur preuve dans le nord de l’Europe où elles ont été introduites en Belgique puis aux UK et ont rencontré un franc succès avec un taux de satisfaction des parents de plus de 80% et une véritable transformation des usages vers les mobilités actives. En France, les villes pionnières ont été Lille, Lyon et Paris ou le dispositif a là aussi rencontré un franc succès avec des taux de satisfaction dépassant parfois les 90%. Dans les Hauts-de-Seine, les premières villes à tester le dispositif sont Puteaux et Sèvres qui après une école pilote positive ont développé le dispositif à plusieurs écoles. Il existe plusieurs versions possibles du dispositif en fonction de la configuration de la rue ou de l’objectif de la mairie.
La piétonisation définitive des rues scolaires est la version la plus radicale mais aussi la plus impressionnante en termes de transformation urbaine. Elle consiste à fermer définitivement la circulation des rues des écoles et à en profiter pour végétaliser la ville. Le résultat est impressionnant et qualitatif.
La fermeture temporaire de la circulation entre 8h15-8h45 grâce à des barrières actionnées par un ASVP. La transformation de la rue est moins impressionnante mais le résultat sur les comportements des habitants est tout aussi efficace et bénéfique pour les enfants. Cela permet de lutter contre la sédentarité et d’offrir plus d’espace public aux enfants. Les parents sont satisfait par la sécurité et le calme apporté aux abords de l’école


PROPOSITION 7 – Utiliser la vidéo-verbalisation efficacement
À Boulogne-Billancourt, 8 000 à 16 500 PV dressés par an depuis 2016, avec un pic en 2019 sur les grands axes. La ville annonce avoir dressé 30.000 PV en 24 mois. Cela représente en moyenne 42 PV par jour en moyenne. Ce chiffre est faible au regard des incivilités observées dans les rues de Boulogne.
Stationnement sur les passages piétons, double file sur les aménagements cyclables, les incivilités sont quotidiennes et les chauffards ne sont pas dissuadés de mettre en danger les autres usagers. La ville applique une tolérance et ne verbalise pas les infractions pour quelques minutes, ce qui incitent les conducteurs à se mettre en infraction pour aller chercher leur pain ou leur paquet de cigarettes.
Les livreurs en camions sont même incités à se garer en infraction faute de place de livraison devant les commerces. En 2021, nous avions alerté la mairie sur le manque de places de livraison, route de la Reine. Cette avenue compte en effet 14 places de livraisons pour 190 commerces. Des supérettes qui se font livrer 5 fois par jour en poids lourd ne possèdent pas de place de livraison. Des magasins de peinture en gros qui se font livrer en palettes chaque jour par des poids lourds GEFCO n’ont pas de place de livraison. Malgré cette alerte et ce rapport public, la mairie n’a pas bougé le petit doigt car elle préfère les places de stationnements résidentiels plus lucratives et satisfaisantes pour les électeurs.
La vidéo-verbalisation est pourtant un moyen de dissuader les chauffards. A Paris, lors de la mise en place de la piste cyclable sur les quais de Seine, de nombreux conducteurs de motos ou scooters utilisaient la piste cyclable pour doubler les voitures. La mairie a mis en place une vidéo verbalisation systématique. Cela a été très dissuasif pour les conducteurs de 2RM qui ont arrêté d’utiliser la piste cyclable. A Boulogne, au contraire, la bande cyclable est utilisée quotidiennement par les motorisés qui ne sont quasiment jamais verbalisés.


PROPOSITION 8 : Créer une vélo-école municipale, ouverte à toutes et tous
Beaucoup d’adultes, notamment les personnes les plus précaires ou les seniors, ne savent pas ou plus faire du vélo ou n’osent pas se lancer en ville. Une vélo-école leur proposerait des cours à tarif social, des remises en selle, et des ateliers d’entretien pour lever les freins à la pratique. Boulogne à vélo reçoit régulièrement des demandes de Boulonnais.e.s en recherche de vélo-école et doit les renvoyer vers Puteaux à vélo ou Chaville. À Montreuil, les ateliers d’auto-réparation et les locations de vélos à tarif social ont permis une augmentation de 40 % de la pratique du vélo dans les quartiers populaires (Cerema 2024). Les listes d’attente sont longues compte tenu de la demande.
Que fait la ville de Boulogne aujourd’hui ? La maison de la planète à Boulogne propose 4 séances par an, en mai et juin. C’est insuffisant pour absorber la demande. Et ce n’est même pas suffisant pour qu’un élève arrive à pédaler de manière autonome en ville. Il faut compter 5 séances en moyenne pour apprendre à pédaler, 5 séances pour apprendre à maîtriser son vélo, les clignotants, les trajectoires et encore 5 séances pour apprendre à rouler en ville au milieu de la circulation.
Créer une vélo-école à Boulogne-Billancourt ouverte toute l’année permettrait de répondre à la demande des élèves Boulonnais.es. La vélo-école est un lieu ouvert qui permet de donner des cours de vélos pour adultes mais aussi de proposer des balades collectives, des ateliers de réparation participatifs, des ateliers de sécurité routière. C’est aussi et on l’oublie souvent un moyen de redonner de la mobilité aux personnes touchées par le handicap grâce aux vélos adaptés. Les personnes qui ne peuvent plus marcher peuvent aller plus loin en autonomie grâce à des vélos adaptés au handicap (tricycles, VAE)

PROPOSITION 9 – Mettre en œuvre le Savoir Rouler à Vélo dans les écoles
Le Savoir Rouler à Vélo. Le 9 janvier 2018, le Comité Interministériel à la Sécurité Routière (CISR), présidé par le Premier ministre, a adopté une mesure visant à « accompagner le développement de la pratique du vélo en toute sécurité ». L’opération « Savoir Rouler à Vélo » permet de porter cette mesure qui vise la généralisation de l’apprentissage de la pratique du vélo en autonomie pour l’ensemble des enfants avant l’entrée au collège. Cette mesure a été reprise dans le cadre du Plan Vélo lancé le vendredi 14 septembre 2018. En 10 heures, le « Savoir Rouler » à Vélo permet aux enfants de 6 à 11 ans de :
- Devenir autonome à vélo,
- Pratiquer quotidiennement une activité physique,
- Se déplacer de manière écologique et économique
Ce que fait la ville de Boulogne aujourd’hui est bien loin du dispositif national et s’apparente plus à un permis vélo qu’à un dispositif d’apprentissage. En effet, les enfants qui ne savent pas pédaler sont mis de côté ou mis sur des trottinettes, et le bloc 3 qui consiste à apprendre à rouler en ville n’est pas appliqué. Non seulement, cela ne réduit pas les inégalités entre filles et garçons puisque les enfants mis de côté sont quasi exclusivement des filles mais en plus cela ne leur apprend pas à être autonome dans l’espace public de la ville.
Nous proposons d’appliquer réellement le SRAV à Boulogne avec de vrais cours de vélo par des moniteurs certifiés dans les écoles et les collèges comme cela se fait dans d’autres villes d’Ile-de-France. Il faut que les enfants qui ne savent pas pédaler puissent rattraper leur retard mais aussi que les enfants puissent pédaler en ville autour de leur établissement scolaire. Et oui cela nécessite de sécuriser les abords des écoles mais cela aurait dû être fait depuis longtemps.

ANNEXES
Lien vers le document complet pdf ici
A .Baromètre vélo 2025 : synthèse des résultats à Boulogne




Carte des priorités pour les aménagements et les stationnements
(en rouge les zones de danger à aménager en priorité, en vert les zones où des progrès sont signalés, en bleu des zones où des stationnements vélos manquent)

Extrait du rapport du CESEL de 2019 sur les mobilités à Boulogne-Billancourt
(Le rapport soulignait déjà l’absence de réalisation entre le schéma d’intention de 2012 et la fin du mandat précédent en 2019. Ce même schéma a été reconduit et voté par GPSO en 2021 avant d’être abandonné fin 2024)


