Rue Mounié : 80% des clients viennent à pied, en vélo ou en transports

Dans le centre-ville d’Antony, les commerces vivent d’abord des piétons, des cyclistes et des usagers des transports en commun. C’est ce que montre clairement une enquête de terrain menée par le Collectif Vélo Île-de-France, avec la participation d’Antony à Vélo, antenne locale de Mieux se Déplacer à Bicyclette.

Pendant six mois, des bénévoles ont enquêté dans quatre villes franciliennes d’environ 50 000 habitants. À Antony, l’enquête s’est concentrée sur la rue Auguste Mounié, cœur commerçant de la ville où ils ont recueillis les témoignages de 200 clients et 42 commerçants 

👉 Plus de 8 clients sur 10 accèdent aux commerces sans voiture.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes

Les modes de déplacement observés rue Auguste Mounié sont sans ambiguïté :

  • 52 % des clients viennent à pied
  • 11 % viennent à vélo
  • 15 % utilisent le RER ou le bus
  • 19 % seulement viennent en voiture

La fréquentation du centre-ville repose donc très majoritairement sur les modes actifs et les transports collectifs.

Une clientèle avant tout locale

La rue Auguste Mounié fonctionne comme un centre de proximité :

  • Deux tiers des clients habitent Antony
  • Un tiers seulement vient des communes alentour.

Même parmi les personnes venant de l’extérieur de la ville, 61 % utilisent un mode actif ou les transports en commun. Et parmi celles qui se déplacent en voiture, 60 % déclarent qu’elles pourraient faire autrement

👉 La voiture n’est donc ni centrale, ni indispensable à la fréquentation des commerces.

Un cœur commerçant dense et structurant

La rue Auguste Mounié constitue le cœur commerçant d’Antony. Elle aligne environ une soixantaine de commerces, mêlant grandes enseignes et commerces de proximité : alimentation, vêtements, soins de la personne, services.

Avec les rues avoisinantes, le centre-ville compte 155 commerces, soit 31 % de l’ensemble des commerces de la commune. Une proportion équivalente de la population antonienne réside d’ailleurs dans ce secteur, en incluant le quartier de l’Église.

À cette densité s’ajoute la présence d’un grand marché très fréquenté, organisé trois jours par semaine, qui contribue fortement à l’attractivité du centre-ville.

Le stationnement automobile : un enjeu largement surestimé

La quasi-suppression des places de stationnement le long de la rue n’a pas entraîné de difficultés majeures pour la clientèle :

  • 71 % des automobilistes ont trouvé facilement à se garer
  • Le centre-ville dispose en effet de trois parkings publics, ainsi que du parking privé du Monoprix

Ces résultats contredisent l’idée selon laquelle l’accessibilité automobile serait réduite.

Une réalité encore mal perçue par une partie des commerçants

Une part des commerçants sous-estime fortement la place des déplacements à pied et à vélo : près de la moitié n’imagine pas que cette part puisse dépasser 30 %.

Ce décalage s’explique sans doute par leurs propres pratiques : environ la moitié des commerçants viennent eux-mêmes en voiture, souvent depuis des distances plus importantes que celles de leurs clients.

Une rue conviviale, mais encore imparfaitement apaisée

Depuis son réaménagement entre février et septembre 2024, la rue Auguste Mounié est devenue une zone de rencontre :

  • priorité aux piétons, autorisés à marcher sur la chaussée,
  • trottoirs très larges, au même niveau que la chaussée,
  • chaussée réduite à une file de 3 mètres,
  • vitesse limitée à 20 km/h,
  • sens unique maintenu pour les voitures.

La perception globale est positive :

  • 87 % des répondants jugent la rue conviviale et accueillante
  • 90 % la trouvent agréable ou très agréable à pied

Mais l’enquête met aussi en évidence des marges de progression importantes :

  • 29 % des piétons ne se sentent pas réellement en sécurité
  • 44 % estiment qu’il y a encore trop de voitures
  • 68 % des cyclistes jugent la circulation difficile ou très difficile

Plusieurs personnes déclarent d’ailleurs éviter la rue à vélo, la jugeant trop hostile. Ces constats rejoignent les résultats du Baromètre Vélo 2025, qui identifie la rue Auguste Mounié et plus largement le centre-ville comme des points noirs.

Une zone de rencontre qui ne fonctionne pas encore pleinement

Contrairement aux articles de loi sur les zones de rencontre, le double sens cyclable a été supprimé, alors que les cyclistes circulent désormais mélangés aux voitures. Antony à Vélo a déposé un recours judiciaire contre cette mesure, estimant qu’elle empêche la zone de rencontre de remplir pleinement son rôle.

Par ailleurs :

  • le plan de circulation n’a pas été modifié pour réduire le trafic de transit,
  • aucun aménagement physique ne vient réellement contraindre la vitesse,
  • la modération repose uniquement sur le bon respect de la signalisation

👉 Une réduction du trafic motorisé et le rétablissement du double sens cyclable, conforme à l’esprit et la règle des zones de rencontre, permettraient une circulation plus sûre pour les piétons et les cyclistes, qui constituent la majorité des clients.

Des résultats confirmés ailleurs

L’enquête a également porté sur les centres-villes de Rosny-sous-Bois, Chelles et Ermont. Les constats convergent entre ces villes : fréquentation majoritairement piétonne et rôle largement surestimé de l’automobile.

Les difficultés rencontrées par les commerces s’expliquent surtout par des facteurs structurels :

  • surabondance de surfaces commerciales,
  • développement du commerce en ligne,
  • évolution des modes de consommation,
  • loyers commerciaux souvent élevés,
  • fragilisation de secteurs comme le textile ou l’équipement de la maison.

👉 Opposer commerce et apaisement des centres-villes est une fausse piste : les données, Rue Mounié,  montrent que la vitalité commerciale repose d’abord sur les piétons et les cyclistes.

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