Pour la première fois en Île-de-France, le département de l’Essonne a été placé en vigilance rouge face au risque d’incendie de forêt. Afin de protéger les personnes et les espaces naturels, la Préfecture a pris un arrêté interdisant l’accès à plusieurs massifs forestiers. Une décision exceptionnelle, rendue nécessaire par des conditions météorologiques elles aussi exceptionnelles. Cette situation met toutefois en lumière un enjeu qui semble avoir été insuffisamment pris en compte : la continuité des déplacements du quotidien à vélo.
#Essonne desséchée, la seule piste cyclable ombragée fermée…
— Valérie Masson-Delmotte (@valmasdel.bsky.social) 9 juillet 2026 à 19:47
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Depuis plusieurs années, les collectivités, l’État et les acteurs du territoire investissent (bien que pas assez vite à notre goût) pour développer la marche et le vélo sur le plateau de Saclay. De nouvelles pistes cyclables ont été aménagées, les entreprises, établissements d’enseignement supérieur et organismes de recherche encouragent leurs salarié·es et étudiant·es à venir à vélo, tandis que les politiques publiques nationales et locales affichent un objectif clair de report modal vers les modes actifs.
Or, dans le nord de l’Essonne, les rares liaisons cyclables permettant de rejoindre en sécurité le plateau de Saclay et la zone d’activités de Courtabœuf depuis les vallées traversent ou longent des espaces boisés. Leur fermeture, dans le cadre de l’arrêté préfectoral, prive ainsi de nombreux usagers de leurs principaux itinéraires de déplacement, alors même que les infrastructures routières majeures restent ouvertes à la circulation.
Face au changement climatique, un besoin de cohérence
Cette situation interroge la cohérence des politiques publiques. D’un côté, des investissements importants sont consacrés au développement de la pratique du vélo et les habitants sont encouragés à modifier leurs habitudes de déplacement. De l’autre, en situation de crise, ces mêmes itinéraires peuvent être interrompus sans qu’une solution permettant d’assurer la continuité des déplacements à vélo ne soit prévue.
Sans bien sûr remettre en cause les mesures de prévention du risque d’incendie, dont chacun comprend la nécessité, il nous semble nécessaire de demander que leur mise en œuvre tienne davantage compte de la fonction de certains itinéraires cyclables, qui ne sont pas uniquement des chemins de promenade mais aussi de véritables infrastructures de mobilité, empruntées chaque jour pour se rendre au travail, à l’université ou dans les laboratoires du plateau de Saclay.
C’est dans cet esprit que l’antenne Paris-Saclay de Mieux se déplacer à bicyclette a écrit à Madame la Préfète de l’Essonne. Nous demandons que les itinéraires cyclables structurants puissent être identifiés et faire l’objet d’un traitement spécifique lorsque les conditions de sécurité le permettent, afin que la prévention du risque incendie reste pleinement compatible avec les objectifs de développement des mobilités actives.
Les canicules seront de plus en plus fréquentes : adoptons dès maintenant les bons réflexes
Pour les responsables politiques et administratifs, les périodes de crises doivent servir tant que faire se peut à créer les conditions de changement de pratiques massives, en visant des objectifs ambitieux. Contraindre les déplacements à vélo tout en préservant les déplacements motorisés va à rebours de ces objectifs.
Pour les Francilien·nes – et les personnes de passage dans notre si belle région, choisir le vélo permet de réduire son impact sur le changement climatique. Il n’y a pas de raison que cela soit un sacrifice : retrouvez nos conseils pour se déplacer à vélo en période de fortes chaleurs !


